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« La crise aura un impact sur les budgets. Mais on pourrait imaginer que le besoin de résilience force les collectivités à prendre les mesures en fonctions des prochaines crises »

Continuité du transport public, gestion de l’énergie en période de crise, Cybersecurité…François SAILLY, Business Developer Public Sector, et Olivier DUROYON, Director, Government Segment and Public Sector, de l’entreprise NOKIA répondent aux 6 questions récurrentes de l’équipe Innopolis Expo.

Quel est l’impact de cette crise dans votre secteur d’activité et quels en seront les conséquences?

Olivier : C’est évident qu’il y a des impacts, il est difficile de tirer des conclusions maintenant, au niveau business, mais ce sont des impacts temporaires. La crise actuelle fait repenser les villes et les grandes métropoles. Les priorités c’est de présenter la ville comme une ville intelligente qui doit être pensée
comme une ville horizontale et de présenter des monoservices, dans ces discussions il y a notamment la priorité de la résilience ; quelles résiliences nécessaires pour les villes ?

Pensez-vous que la situation actuelle incitera les entreprises à proposer de nouvelles solutions ?

Olivier : La réponse est OUI évidemment, mais c’est déjà un besoin qui était déjà là, avec l’importance de la connectivité et de la fibre. Donc ça c’est la première chose, il faut finir le maillage Français, car la connectivité est plus que jamais le maillon de base.

Après il y a les cas d’usages de la ville intelligente, la priorité c’est finalement de définir ces nouveaux cas d’usage, liés à la traçabilité, à la localisation et mieux gérer les données. La question c’est de savoir, qui doit gérer cela, la collectivité, l’opérateur ?

Ensuite, l’accompagnement des villes auprès des services de santé vont se développer, avec le confinement, quand on gère des personnes seniors ou récemment hospitalisés avec des besoins de soins réguliers, ça crée de nouveaux services .C’est vrai pour la santé mais aussi pour l’éducatif, ça repositionne les entités de la ville dans la gestion de ses différents usages.

François : Je dirais que Nokia a déjà cette vision, comme par exemple, apporter des plateformes de services pour les personnes âgées avec des programmes éducatifs.

On voit que typiquement avec ce choc, il y a un besoin évident de ces services et ça va être un accélérateur, on remarque l’intérêt de toute plateforme permettant d’apporter des informations qui facilitent le déclenchement d’alerte ou les outils qui permettent ces alertes avec du lien social. On doit leur donner des moyens pour faciliter leur vie sociale avec du soutient, du suivi et avoir une vision très inclusive. Les personnes en difficultés, doivent être suivies, avec des programmes comme pour les lycéens équipés de tablettes, cela pourrait être élargie avec des séniors qui bénéficient de tablettes pour être accompagnés.


Comment la ville et les territoires de demain pourraient-t-ils limiter l’impact des différentes crises sur la vie sociale et économique ?

François : En complément de ce qui a été dit, il y a le transport, qui doit être de savoir, comment assurer la continuité des transports en période de crise ? Les usagers sont réticents à l’usage et le personnel souhaite développer son droit de retrait dans ce genre de situation.

Il faudra certainement développer les initiatives de navettes autonomes.

Olivier : Pour l’énergie, ca a déjà démarré depuis quelques temps, c’est-à-dire de passer d’une vision globale à locale donc c’est déjà en cours. On est encore un peu en retard mais ça avance dans le bon sens, est-ce que ça va accélérer le process ?

Si le numérique permet d’aider, on va avoir une accélération. On n’a pas encore assez de retours mais ça pourrait accélérer les plans.

François : Les énergéticiens proposent de plus en plus de l’IoT, ce qui permettrai une réflexion globale sur d’autres chocs, il pourrait y avoir un cas lié au nucléaire (à la Fukushima) ou un attentat, une décision de coupé les réseaux, et effectivement, l’énergie est le plus vital.

Olivier : Il y a aussi un des sujets importants qui est la cybersécurité, tout le monde sait que des incidents arriveront et il faut au mieux se préparer.

Quels sont les facteurs qui permettraient d’accélérer l’adoption des solutions smart dans nos villes?

Olivier : On revient sur les discussions classiques de la Smart City avec la perception de la rentabilité et des facteurs pas seulement financiers, et encore, pas assez de retours sur le terrain.

Il faut accélérer en France, il y a un aspect de la ville intelligente qui n’est pas une
compétence suffisamment claire avec un chemin pas si simple qui ne permet de se dire, je fais cela ou pas.

L’accélération se fera une fois que les pionniers mettront en place une méthode pour déchiffrer tout ca.

Il y a 20 ans, lorsque le haut débit n’était pas vraiment nécessaire, les schémas Directeur (SDTAN ou Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique) ont été appliqués, ce qui a permis le déploiement du haut débit dans les régions.
Aussi, certaines collectivités ont pu, en prenant le volet de l’énergie, développer des solutions.

On pourrait imaginer que le besoin de résilience, force les collectivités à prendre les mesures en fonctions des prochaines crises.

Est-il important d’aborder ce type de problématique sur Innopolis Expo ?

Olivier : Je ne sais pas encore, je dirais oui, c’est évident d’aborder ces sujets pour que les responsables s’approprient ces éléments mais après, est-ce que la pandémie va faire accélérer les choses ou refocaliser les énergies sur d’autres problématiques ?

La crise va clairement changer les budgets, mais si une priorité renouvelée c’est la résilience, des conférences seront nécessaires en fonction des priorités publiques.


Quel serait votre message sur un salon comme Innopolis Expo ?

Olivier : Le rôle de l’entité locale dans la société sur la vie des gens est essentiel, il y a un changement de vision auprès des services aux citoyens. Les messages sont d’autant plus justes car dans le rôle de la ville intelligente, l’objectif de la
résilience devient plus urgent.

Réfléchissons aux nouvelles priorités comme les catastrophes sanitaires, écologiques, et comment anticiper ses problématiques. Le message de Nokia est de proposer aux collectivités de s’appuyer sur des plateformes
Smart City afin d’assurer leur résilience aux chocs.

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« La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs… »

« La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs: La capacité de réaction immédiate et l’habilité à développer des instruments politiques et technologiques qui tiennent comptent des enseignements de ces crises »

Selon Clara Maximovitch, Business développer de la société OPENDATASOFT les technologies ne sont que des moyens pour mettre en œuvre les transformations économiques, organisationnelles et politiques que devront opérer les villes. 
Elle répond aux 6 questions récurrentes de l’équipe Innopolis Expo.

Comment la ville et les territoires de demain pourraient-t-ils limiter l’impact des différentes crises sur la vie sociale et économique ?

Les solutions technologiques ne sont pas des solutions miracles, et ne peuvent à elles seules résoudre les crises telles que nous les vivons. Elles sont en revanche des moyens pour mettre en œuvre les transformations économiques, organisationnelles et politiques que devront opérer les villes. Nous pouvons par exemple aider les acteurs territoriaux à suivre l’évolution d’indicateurs sur la situation économique, tout en leur permettant de maintenir une continuité d’activité en matière de gestion de données.

La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs: La capacité de réaction immédiate et l’habilité à développer des instruments politiques et technologiques qui tiennent compte des enseignements de ces crises.

La première suppose l’existence de mécanismes facilitant l’action. La situation actuelle montre bien cette demande de réactivité, qui va de pair avec la possibilité d’objectiver les prises de décision, de fluidifier la circulation des informations, mais aussi de disposer de solutions flexibles, rapide à déployer et à opérationnaliser. Cela va sans dire avec la capacité d’opérer des transformations profondes en matière de gouvernance, mais surtout avec le renforcement des synergies entre l’ensemble des acteurs, publics comme privés, qui font la ville.

Quels sont les facteurs qui permettraient d’accélérer l’adoption des solutions smart dans nos villes?

D’une part, le partage de retours d’expériences entre les villes est important. Il faut favoriser les échanges entre les villes de taille et enjeux similaires, entre les différents métiers et peut être se détacher d’un modèle de développement urbain favorisant la concurrence des villes en renforçant la coopération et la mise en place de projets communs.

Également identifier les approches, projets et les solutions qui « fonctionnent », c’est-à-dire qui répondent effectivement au besoin pour lequel ils ont été imaginés et conçus, dans les contextes territoriaux qui sont les leurs. Il y a aussi la question des marchés publics, dont les procédures et seuils conditionnent les possibilités d’adoption et de découverte de solutions innovantes par les collectivités locales.

Est-il important d’aborder ce type de problématique sur InnopolisExpo?

Oui, en effet.

Il faut apporter une réflexion sur les moyens d’anticiper pour pouvoir gérer au mieux ce genre de situations, qui au vu des dérèglements issus du changement climatique, sont probablement amenées à survenir de plus en plus fréquemment dans les prochaines décennies. L’enjeu est à la fois de réfléchir aux leviers de transformation interne des organisations tout comme aux réponses qu’elles peuvent apporter vis-à-vis des acteurs externes, en particulier les populations.

Quel serait votre message sur un salon comme InnopolisExpo?

L’un des principaux facteurs de succès clé d’une ville « intelligente » réside en sa capacité à développer une architecture politique, infrastructurelle, et technologique résiliente aux chocs externes. Pour cela, elle doit puiser ses forces dans le réseau des acteurs qui contribuent à son fonctionnement quotidien. Cette maitrise des flux présuppose un déverrouillage des silos d’information inter et infra structurels, autrement dit une transversalité construite et consentie entre les différents échelons administratifs, les différents secteurs, les différents métiers qui la font vivre.

Les collectivités ont donc tout intérêt à développer une vision stratégique de long terme en matière de partage de données, non seulement pour assurer leur résilience propre mais aussi pour renforcer les synergies avec leur écosystème, notamment avec les secteurs clés comme la mobilité, l’énergie, l’alimentation ou la gestion de l’eau. Elles gagneront également à se porter garantes d’un véritable service public de la donnée pour initier une forme de relation plus horizontale vis-à-vis des administrés, et ainsi revaloriser l’efficience et la fiabilité du service public dans son ensemble.

Clara MaximovitchRodaminoff, Business Developper chez Opendatasoft.