« La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs… »

« La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs: La capacité de réaction immédiate et l’habilité à développer des instruments politiques et technologiques qui tiennent comptent des enseignements de ces crises »

Selon Clara Maximovitch, Business développer de la société OPENDATASOFT les technologies ne sont que des moyens pour mettre en œuvre les transformations économiques, organisationnelles et politiques que devront opérer les villes. 
Elle répond aux 6 questions récurrentes de l’équipe Innopolis Expo.

Comment la ville et les territoires de demain pourraient-t-ils limiter l’impact des différentes crises sur la vie sociale et économique ?

Les solutions technologiques ne sont pas des solutions miracles, et ne peuvent à elles seules résoudre les crises telles que nous les vivons. Elles sont en revanche des moyens pour mettre en œuvre les transformations économiques, organisationnelles et politiques que devront opérer les villes. Nous pouvons par exemple aider les acteurs territoriaux à suivre l’évolution d’indicateurs sur la situation économique, tout en leur permettant de maintenir une continuité d’activité en matière de gestion de données.

La capacité des territoires à limiter les impacts de telles crises dépend de deux facteurs: La capacité de réaction immédiate et l’habilité à développer des instruments politiques et technologiques qui tiennent compte des enseignements de ces crises.

La première suppose l’existence de mécanismes facilitant l’action. La situation actuelle montre bien cette demande de réactivité, qui va de pair avec la possibilité d’objectiver les prises de décision, de fluidifier la circulation des informations, mais aussi de disposer de solutions flexibles, rapide à déployer et à opérationnaliser. Cela va sans dire avec la capacité d’opérer des transformations profondes en matière de gouvernance, mais surtout avec le renforcement des synergies entre l’ensemble des acteurs, publics comme privés, qui font la ville.

Quels sont les facteurs qui permettraient d’accélérer l’adoption des solutions smart dans nos villes?

D’une part, le partage de retours d’expériences entre les villes est important. Il faut favoriser les échanges entre les villes de taille et enjeux similaires, entre les différents métiers et peut être se détacher d’un modèle de développement urbain favorisant la concurrence des villes en renforçant la coopération et la mise en place de projets communs.

Également identifier les approches, projets et les solutions qui « fonctionnent », c’est-à-dire qui répondent effectivement au besoin pour lequel ils ont été imaginés et conçus, dans les contextes territoriaux qui sont les leurs. Il y a aussi la question des marchés publics, dont les procédures et seuils conditionnent les possibilités d’adoption et de découverte de solutions innovantes par les collectivités locales.

Est-il important d’aborder ce type de problématique sur InnopolisExpo?

Oui, en effet.

Il faut apporter une réflexion sur les moyens d’anticiper pour pouvoir gérer au mieux ce genre de situations, qui au vu des dérèglements issus du changement climatique, sont probablement amenées à survenir de plus en plus fréquemment dans les prochaines décennies. L’enjeu est à la fois de réfléchir aux leviers de transformation interne des organisations tout comme aux réponses qu’elles peuvent apporter vis-à-vis des acteurs externes, en particulier les populations.

Quel serait votre message sur un salon comme InnopolisExpo?

L’un des principaux facteurs de succès clé d’une ville « intelligente » réside en sa capacité à développer une architecture politique, infrastructurelle, et technologique résiliente aux chocs externes. Pour cela, elle doit puiser ses forces dans le réseau des acteurs qui contribuent à son fonctionnement quotidien. Cette maitrise des flux présuppose un déverrouillage des silos d’information inter et infra structurels, autrement dit une transversalité construite et consentie entre les différents échelons administratifs, les différents secteurs, les différents métiers qui la font vivre.

Les collectivités ont donc tout intérêt à développer une vision stratégique de long terme en matière de partage de données, non seulement pour assurer leur résilience propre mais aussi pour renforcer les synergies avec leur écosystème, notamment avec les secteurs clés comme la mobilité, l’énergie, l’alimentation ou la gestion de l’eau. Elles gagneront également à se porter garantes d’un véritable service public de la donnée pour initier une forme de relation plus horizontale vis-à-vis des administrés, et ainsi revaloriser l’efficience et la fiabilité du service public dans son ensemble.

Clara MaximovitchRodaminoff, Business Developper chez Opendatasoft.