Découvrez l’interview de Katia Barreiros, Responsable marketing de Terradona qui sera présente lors du prochain salon pour expliquer sa conception de la transition écologique des territoires, assumant le choix de préférer la « carotte » que le « bâton » en vue d’impliquer les citoyens.

Parlez-nous d’abord de Terradona, d’où vient cette société et quelles sont ses ambitions ?

Terradona a été créée en 2013, autour de l’idée de développer des solutions innovantes pour les smart city. Le but est de participer à la transition, non seulement écologique, mais aussi numérique des territoires. La première solution qui a été développée est le système Cliiink, qui se situe dans le domaine du recyclage et des déchets. Le but est de récompenser les gens quand ils trient leurs déchets. A chaque objet qui a va être inséré dans un conteneur équipé de Cliiink, les personnes vont recevoir des points, qui vont être convertis en bons d’achats, remises et dons à des associations. Le dispositif Cliiink en tant que tel, c’est un petit boîtier connecté, qui vient s’insérer sur les conteneurs existants d’une collectivité. On n’a pas vocation à remplacer le matériel existant des collectivités, mais juste à l’équiper, le doter de cette technologie, pour transformer ce mobilier urbain en mobilier connecté.

A ce jour, combien de communities ont adopté votre technologie ?

A peu près 25 collectivités sont équipées aujourd’hui du dispositif Cliink, partout à travers le territoire. Nous sommes notamment présents dans le sud-est, d’ailleurs la société est basée à côté d’Aix-en-Provence. Nous équipons par exemple des collectivités de la région Paca comme Grasse, Cannes, ou même Monaco. Nous sommes aussi dans la région de Manosque, d’Avignon, Terres de Provence, Orange… Mais nous nous sommes aussi étendu à d’autres régions, par exemple le Nord où nous sommes présents à Lens ou Amiens, en Normandie à Cabourg, ainsi que des collectivités comme Limoges, Le Mans, Agen. On est donc à 25, et on continue à développer ce nombre, puisque chaque année, il y a de nouvelles collectivités qui nous rejoignent. Cela devrait continuer en 2022 car nous sommes en discussion avec pas mal d’agglomérations.

Quel intérêt trouvent les collectivités qui travaillent avec vous dans le cadre des politiques en faveur de la transition écologique des territoires ?

Le but d’installer un dispositif comme un boîtier connecté sur les conteneurs de déchets, va être de booster le tri effectué sur leur territoire. En général, les agglomérations qui nous rejoignent sont en retard en matière de performance de tri. Pour le moment, nous sommes uniquement sur le verre. Et donc ce sont des collectivités pour lesquelles les performances de tri du verre étaient faibles. On y retrouve beaucoup de verre dans les ordures ménagères, qui va être incinéré, enfoui, au lieu d’être inséré dans le circuit de recyclage. En équipant leurs conteneurs de tri, ils vont pouvoir augmenter en moyenne de 20% le tri du verre sur leur territoire. Ce qui va leur permettre d’augmenter les tonnages de verre collectés. Cela leur fera ainsi des économies, sur les coûts de collecte et de traitement des déchets. C’est aussi écologique, car le verre est recyclable à l’infini. On a intérêt à le recycler, et cela apporte beaucoup d’économies de Co2.

Quand on pense à cet aspect de récompense, central dans votre démarche, cela peut faire penser à la consigne. Votre ville intelligente prend t-elle donc comme référence ce vieux système de consigne ?

C’est vrai que la consigne fait partie des inspirations, même si elle est différente. Elle est remise à l’ordre du jour, puisqu’elle est digitalisée. On a la possibilité de convertir ses points en n’importe quel type de récompense. Le digital permet aujourd’hui d’aller beaucoup plus loin. Cela peut être un billet de cinéma, une réduction dans un supermarché ou un restaurant. Ou bien dans un commerce ou un e-commerce. Il peut s’agir vraiment de n’importe quel type de récompense. Comme par exemple convertir ses points en dons à des associations. Ce qui offre quand même plus de possibilités que ne l’offrait avant le système de la consigne.

Ce système de récompense est-il selon vous porteur pour d’autres formes d’incitations au traitement des déchets, ou bien au-delà dans d’autres champs de la transition écologique ?

Oui tout à fait, on croit que le mieux ce n’est pas de punir les gens, mais de les récompenser, de les inciter à avoir les bons comportements, des comportements éco-citoyens. On est effectivement dans cette approche de la récompense, et ça pourrait tout à fait être décliné sur d’autres comportements éco-responsables. Là on est sur le tri mais demain, cela pourrait être sur d’autres comportements, comme le fait de voyager en train plutôt que tout autre véhicule polluant, faire des économies d’énergie. On peut envisager de décliner ce système de récompense. Il faut d’ailleurs savoir que Terradona est pour l’instant présent sur le verre. Mais cette année, on est en train de développer la même solution pour le plastique et l’aluminium. On va pouvoir, d’ici la fin de l’année, proposer aux collectivités la même solution pour le plastique et l’aluminium. Ce qui va aussi étendre le champ des possibles. C’est un peu le projet de l’année pour nous.

Vous croyez donc plus à la carotte qu’au bâton en matière de transition écologique ?

C’est exactement l’état d’esprit qu’avaient les fondateurs de Terradona en créant ce système là. Et on voit que ça a fait ses preuves. Il faut savoir que la société a été créée en 2013, et il y a eu beaucoup de recherche & développement durant plusieurs années. Et ce n’est que depuis fin 2018 que l’on commercialise la solution auprès des collectivités. Depuis 2018, on a quand même un bon retour sur les résultats et les performances de cette solution. Et on voit que la récompense, le système de la carotte, fonctionne vraiment et provoque des résultats vraiment probants, contrairement à des solutions plus basiques qui vont avoir des résultats moins extraordinaires.

Sur les collectivités avec lesquelles vous contractualisez, la plupart sont de strate moyenne, des communautés d’agglomération de 50 000 à 100 000 habitants surtout. Vous n’avez pas de contrat avec les petites collectivités, et vous n’avez pas non plus les métropoles, sauf Amiens. Était-ce volontairement votre cœur de cible au départ ?

Je pense que ce n’était pas un cœur de cible, car on s’adresse vraiment à tout type de collectivité, de toute taille. Jusqu’à maintenant, on travaille surtout avec des communautés d’agglomération, de taille moyenne, parce que même si la solution va être autofinancée pour la collectivité, car elle va s’y retrouver au niveau des économies de traitement, il faut quand même au départ qu’elle opère un investissement. Donc c’est plus simple quand la collectivité est de taille importante ou au moins de taille moyenne. Cela lui permet d’avoir un budget investissement pour cela, même si par la suite, la collectivité va s’y retrouver financièrement, au bout d’un an ou deux d’exploitation de la solution. Ce n’est pas un choix de ne pas viser les métropoles par exemple, cela fait partie de nos cibles. Simplement nous avons constaté que la décision est plus rapide quand on s’adresse à des agglomérations de taille moyenne. On a quand même des discussions qui sont engagées avec les métropoles. Ce n’est pas exclu qu’il y ait des contrats avec des métropoles qui arrivent, sur les prochains mois, ou l’année prochaine.

Quel est votre point de vue sur l’évolution des métiers liés à cette numérisation, au sein des collectivités, ainsi que chez les acteurs, comme vous, qui travaillez avec elles ?

Nous ce qu’on constate depuis quelques années, à l’échelle des territoires, c’est que des initiatives comme Cliiink, il y en a d’autres, sur d’autres sujets. On voit que les agglomérations sont assez friandes de solutions innovantes et digitalisées. Je pense notamment à Grasse, parmi les plus anciens, qui se dote de bennes électriques. Ou bien Monaco, un territoire à part, qui a mis en place un démonstrateur de solutions innovantes, en particulier sur la mobilité. On voit que la smart city est un sujet qui se développe ces dernières années. Et dans les territoires sur lesquels on est implantés, on voit qu’en parallèle de Cliiink, les agglomérations se dotent d’autres innovations, dans d’autres domaines, et que ça concerne à la fois la mobilité, l’éducation, ou la gestion des déchets.

Est-ce que la pandémie, depuis 2 ans, a eu pour vous des conséquences, c’est-à-dire des ralentissements ou bien des accélérations dans les contrats ? Vous traitez par exemple beaucoup avec les commerçants, y a-t-il eu des chamboulements de votre activité ou avez-vous continué votre croissance normalement ?

Pour nous il n’y a pas eu de réel chamboulement lié à la crise sanitaire. Il y a quelques contrats, en plein confinement, qui ont été reportés de quelques mois. Mais ça ne les a pas annulé pour autant. Au niveau des commerçants, nous avons mis pas mal d’actions en place pour appeler à les soutenir dans cette période. On les a par exemple mis en avant gratuitement sur toutes nos plateformes. Effectivement, le réseau de commerçants a légèrement évolué, car il y en a qui ont été impactés par cette crise. Donc certains commerçants ont dû arrêter leur activité. D’autres se sont au contraire développés depuis. Ils se sont surtout beaucoup digitalisés. On a constaté sur ce point là que les commerçants étaient beaucoup plus enclins à se digitaliser et à se doter d’outils numériques. Ils sont donc plus ouverts à des dispositifs comme Cliiink, qui leur permettent de se faire davantage connaître sur leur agglomération, grâce à tous les outils de communication qu’on leur met à disposition. On a effectivement constaté que, du point de vue des commerçants, la crise sanitaire avait eu un impact sur l’attrait pour ces outils digitalisés.


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