POUR COMMENCER, POUVEZ-VOUS PRÉSENTER LES ACTIVITÉS D’ARTELIA ET SON POSITIONNEMENT ? 

Sans avoir la prétention de pouvoir présenter le groupe dans son ensemble, je vais m’orienter sur les territoires intelligents.  

Artelia est une entreprise de 6 100 collaborateurs, dont environ 4 000 en France répartis sur 55 agences. Nous sommes une entreprise privée, qui appartient à ses salariés-actionnaires. Ceci constitue un aspect important dans nos missions de territoire intelligent, puisque l’on a cette capacité à être neutre, indépendant de tout groupe privé, élu ou autre. 

Cette indépendance nous met dans une posture légitime de tiers indépendant, de tiers dont le rôle est de challenger et de faire en sorte que le territoire intelligent soit un territoire sobre, en termes de développement durable, par la sobriété numérique et l’optimisation des systèmes existants notamment, comme en terme financier. Artelia ne vend pas de solution ou de briques techniques de la smart city à proprement parler mais un accompagnement sur la mise en place et la concrétisation opérationnelle de la stratégie et de réponses aux besoins des services de la ville. 

VOUS VOULEZ DIRE QUE VOUS NE PROPOSEZ RIEN D’AUTRE QUE VOTRE EXPERTISE ? 

Nous sommes en effet un bureau d’ingénierie indépendant avec des expertises métiers fortes qui nous permettent, sur les Territoires Intelligent, de jouer ce rôle que j’aime qualifier de « Trait d’union » entre la collectivité et son patrimoine terrain, entre l’idée et la concrétisation, … 

Artelia c’est 10 ans d’existence mais 100 ans d’histoire au travers des différentes entités et suite aux différentes fusions. Aujourd’hui, ce sont des verticaux très forts et une expertise reconnue, dans le bâtiment, dans l’industrie, dans les énergies renouvelables, dans l’eau, dans l’aménagement, dans la mobilité, dans les villes et territoires. A partir de ce constat, associé aux enjeux d’actualité que sont le développement durable, l’éco-responsabilité, … le groupe s’est positionné : la notion de territoire intelligent et durable à tout de suite fait sens, en créant une transversalité entre nos métiers et en créant de la valeur ajoutée en croisant les données métiers entre elles. 

Notre stratégie en matière de territoire intelligent c’est de construire un socle stable basé sur l’expression et la compréhension du besoin de nos clients avant de parler de technologie, bien qu’elle fasse partie de l’écosystème et de la réflexion. Nous mettons ensuite à profit nos expériences et références métiers des thématiques de la ville pour accompagner au mieux nos clients sur des projets globaux de territoire en impliquant les expertises métiers avant tout. Notre accompagnement au plus proche des collectivités, notre compréhension de leurs besoins et la maitrise des organes qui les constituent nous permettent de rendre ces projets concrets et opérationnels. Il s’agit de sortir du phénomène de mode de la Smart city, terme voué à disparaitre. On va parler de l’amélioration des services et de leur gestion : déchets, stationnement, l’éclairage public, vidéo, biodiversité, l’environnement, gestion de l’eau, l’efficacité énergétique de bâtiments, etc … 

Enfin, Artelia a cette forte volonté de créer de la transversalité, et pas seulement sur les territoires intelligents. Cela s’illustre par la création des business booster, entités transversales à nos BU, regroupant nos experts de tout horizon sur des thématiques spécifiques : aéroports, ports, environnement, énergie, facility management, etc. 

AU-DELÀ DE VOS CLIENTS HISTORIQUES, COMMENT VOUS POSITIONNEZ-VOUS LORSQUE VOUS AVEZ UN NOUVEAU CLIENT, OU UN PROSPECT, TELLE UNE AGGLOMÉRATION OU UNE AUTRE COLLECTIVITÉ, QUI S’ADRESSE À VOUS EN VOUS DISANT : « JE VEUX RENDRE MON TERRITOIRE PLUS INTELLIGENT », VOUS LUI RÉPONDEZ « OUI, MAIS ? » 

Je lui dis : « Oui, et ».  

C’est une stratégie dans laquelle on s’inscrit depuis 2 ans. Dernièrement, je suis allé à la rencontre d’une collectivité, et nous avons discuté de territoire intelligent. Nous sommes rapidement rentrés dans une discussion sur les cas d’usage et l’on se rend compte que l’enjeu repose d’abord sur la compréhension de l’écosystème organisationnel, contractuel, métiers et de ses problématiques. La typologie de collectivité est extrêmement importante pour adresser les bonnes solutions, sobres, durable, réplicable et utile : Est-ce que c’est en bord de mer ? Est-ce que c’est touristique ? Est-ce que c’est industriel ? Est-ce que c’est plutôt rural ?  

Sur la base de cette collecte d’informations, nous concevons un projet avec les cas d’usage dans lesquels la collectivité peut se projeter. A partir de là, et après avoir priorisé et catégorisé nos cas d’usage, ce que nous allons amener, c’est un groupe de 6 100 personnes, où nous allons pouvoir aller chercher les experts métiers idoines : circulation, déchets, assainissement, mobilité, développement durable, …  

On constate également que les communications autour des territoires intelligents reposent sur le lancement d’expérimentations. Nous voulons plutôt communiquer sur les résultats, et le passage à l’échelle, c’est cela qui compte pour nous. C’est la possibilité de mesurer un après et un avant, en se demandant pourquoi ça a marché ou pourquoi ça n’a pas marché, et profiter de ce retour d’expérience pour ajuster et rendre réplicable la solution. Nous n’allons pas juste réaliser des POC (proof of concept), nous allons accompagner nos clients au-delà, en essayant de trouver comment, financièrement, organisationnellement et techniquement, nous nous intégrons dans l’écosystème existant. 

Quand on parle d’écosystème existant cela intègre les marchés qui sont existants, les contrats qui sont existants, l’organisation de notre client qui est existante, les infrastructures qui sont existantes, … et donc s’inscrire dans une démarche de mutualisation et d’optimisation. 

L’OBJECTIF N’EST PAS FORCÉMENT D’INSTALLER TOUT UN RÉSEAU… 

Exactement. Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, notre intérêt ne se situe pas dans le volume d’IoT ou de 5G que l’on va mettre en place. Je vais chercher le moyen le plus simple et le moins coûteux pour mon client pour avoir des fonctionnalités répondant aux besoins tout en s’inscrivant dans une démarche de projet global. Et cette connaissance du terrain et des métiers historiques nous permet d’être performant dans ce sens. 

CELA VEUT-IL DIRE QUE VOUS NE VOUS INTÉRESSEZ PAS AUX MARCHÉS PUBLICS DE TERRITOIRES INTELLIGENTS COMME ANGERS OU DIJON ? 

Je le dirais différemment. Sur des projets comme Dijon, Angers, Chalon – qui est en cours de consultation – il est évident que nous pouvons nous positionner et y répondre.  

Une entreprise comme Artelia a vocation à répondre à ces marchés de performance globale. Nous nous étions positionnés sur Dijon et nous n’avons pas eu la chance d’être retenu. Sur Angers nous sommes sous-traitant pour le groupement Engie pour une partie de l’éclairage.  

Même si nous avons vocation à répondre à ces marchés, la physionomie du territoire intelligent est en train de changer, et la construction de ces projets se fait davantage sur un modèle incrémental, pas à pas. Si on prend un peu de recul, il faut noter que Dijon, c’est d’abord environ 80% d’investissement dans l’éclairage public, Angers idem.  

La capacité d’une collectivité de lancer un marché de plusieurs dizaines de millions d’euros avec une part forte d’éclairage public est moindre aujourd’hui. 

Il faut s’adapter à une nouvelle réalité qui semble plutôt se tourner vers cette démarche pas à pas. Le territoire intelligent est un projet sur le long terme, que l’on déploie brique par brique et qu’on intègre dans un écosystème et un patrimoine existant. Nous pouvons citer par exemple un projet que nous avons en cours avec GPSO (Grand Paris Seine Ouest) avec qui nous n’avons pas lancé de marché intitulé « Smart city ». Ce que nous avons fait, c’est que nous nous sommes appuyés sur les marchés structurants en y intégrant les briques du territoire intelligent dans chaque métier. Au-delà de l’optimisation que cela représente, cela permet une adhésion des agents et une adéquation réelle avec les contraintes opérationnelles. 

Nous nous synchronisons donc sur ces marchés structurants et sur leur durée de vie sans chambouler ces derniers et leur organisation. Au fur et à mesure, ces marchés deviennent « smart ready ». Le seul marché majeur que nous lancerons sera le marché d’hypervision et de plateforme de données qui s’étalera sur plusieurs années et accueillera chaque brique du territoire intelligent. 

DANS LE CAS DE GPSO, EN ÉTANT DANS UNE DÉMARCHE DE LONG TERME ET EN AJOUTANT DES BRIQUES, PAS À PAS, DIRIEZ-VOUS QUE CELA CONSTITUE POUR ARTELIA UN MODÈLE ? 

Il faut faire attention au mot « modèle ». Il est certain que nous mettons en avant cette philosophie-là, celle du pas à pas et de la méthodologie incrémentale sur des marchés existants. Dans ce cadre-là, nous limitons les chamboulements dans l’organisation de GPSO, qui en parallèle accompagnent les agents dans ce changement. 

AVEC EUX, VOUS TRAVAILLEZ À LA FOIS SUR L’ÉCLAIRAGE, LES DÉCHETS, LA VOIRIE, ET D’AUTRES VOLETS ENCORE… 

Nous travaillons sur une trentaine de cas d’usage, notamment le stationnement, la collecte et propreté, sur l’éclairage, sur la biodiversité, sur la sureté et sécurité, sur la circulation, et tout ce qui est environnement. Nous avons nombre important de sujets avec cette exigence de s’assurer que cela s’inscrit dans une démarche globale. Ce « modèle » qui s’inscrit dans une démarche pas à pas, ne doit pas faire peur en pensant qu’il ne s’applique qu’à des EPT comme le GPSO. L’avantage de cette démarche, c’est qu’elle s’adapte aux enjeux et aux moyens de chaque collectivité. Nous adressons de la même manière des collectivités de 10 000, 80 000 ou 350 000 habitants. 

La méthodologie reste la même, faire ce trait d’union entre un schéma directeur et une intention, et la mise en opérationnel concrète des idées. 

Dans notre modèle, nous allons souvent intervenir à la suite des schémas directeurs et leur traduction sur le terrain, même si nous avons les capacités de réaliser également des schémas directeurs. 

QUELLE VISION DE LA VILLE DURABLE PORTEZ-VOUS CHEZ ARTELIA ? 

Comme je le disais cela dépend de chaque collectivité. Maintenant, il y a quand même des intentions qui reviennent régulièrement, qui sont de répondre à un besoin clair dans une notion de sobriété et d’efficacité, au sens large du terme, et avec une notion de durable et d’éco-responsabilité. Nous allons être dans l’amélioration des services de la ville, tout en s’alignant avec les engagements que nos clients ont pris dans le cadre de PCAET par exemple (plan climat air et énergie territorial). 

La réponse dans l’amélioration des services ne se trouve pas forcément dans des solutions techniques… 

PAR EXEMPLE ? 

Typiquement, sur le sujet des dépôts sauvages. Tout le monde vend des caméras, des systèmes automatiques, de détection intelligent …. Clairement, pour l’instant nous avons mis un frein et n’irons pas dans ce sens. Il faut prendre le sujet du dépôt sauvage de A à Z.  

Installer une caméra et faire de la répression, cela va juste déporter le problème. Nous allons plutôt essayer de traiter la cause et non pas la conséquence d’abord. Et la cause c’est de travailler sur la communication, de donner aux citoyens la possibilité de comprendre où ils peuvent jeter, quand est-ce qu’ils peuvent jeter, expliquer les tournées de collecte mise en place, …. Il s’agit d’abord de mieux communiquer avec les habitants. En parallèle, sur la base des sites connus de dépôt sauvage, nous allons faire de la pédagogie avant tout. Ce ne sera qu’a l’issue de cela qu’on se reposera la question de savoir si une solution de détection sera tout de même nécessaire. 

Un autre exemple où finalement nous avons conclu qu’il serait insensé d’installer des capteurs dans tous les nichoirs pour recenser la faune. Nous n’allons pas dans le sens de l’éco-responsabilité en tirant du câble et en mettant des caméras. Il a semblé plus pertinent de s’appuyer sur des tournées régulières sur le terrain des agents de GPSO sur le terrain. 

SUITE AU TRAVAIL EFFECTUÉ SUR LE TERRITOIRE ET LE DIAGNOSTIC QUE VOUS PARTAGEZ AVEC LA COLLECTIVITÉ, VOUS LEUR DITES, LÀ IL N’Y A PAS DE SOLUTION TECHNO À VOTRE PROBLEME… 

Nous réalisons une mission d’assistance à la maitrise d’ouvrage. Dans cette mission nous n’imposons rien, notre travail est d’abord de faire en sorte que le client se pose les bonnes questions. Les questions que nous posons en tant que conseil sont « pourquoi ? » et « à qui cela va servir ? ». Un fois que l’on a défini cela, nous leur proposons un champ des possibles par rapport à notre expérience, ce que l’on observe sur d’autres collectivités, ce que nos collègues font, et non un catalogue pré-fait de solutions. C’est à ce moment-là que nous leur exposons les pour et les contre de chaque solution, et que nous les accompagnons vers une décision. C’est eux qui restent décisionnaires. L’étape d’après, une fois que la décision est prise, nous entrons dans la phase de mise en œuvre et d’évaluation. Il n’est pas rare, à la suite d’un déploiement, d’avoir une période d’évaluation et d’observation où l’on s’assure que l’on est en phase avec les résultats escomptés. 

CONCERNANT LE SALON INNOPOLIS EXPO, SUR LEQUEL ARTELIA SERA PRÉSENT POUR LA PREMIÈRE FOIS LORS DE LA PROCHAINE ÉDITION, QU’EN ATTENDEZ-VOUS ? 

Aujourd’hui, nous parlons beaucoup de la Smart city ou du territoire intelligent. C’est dans ce dynamisme que nous voulons nous inscrire en rendant visible nos actions, nos missions et notre valeur ajouté. 

Nous sommes adhérents de longue date à Infranum (fédération fondatrice du comité stratégique de filière des infrastructures numériques) et j’ai la chance d’animer le groupe de travail « Préconisations opérationnelles », qui fait écho à notre positionnement et nos missions de concrétisation des projets. 

Il nous a semblait logique dans cette continuité de partager plus largement notre vision du territoire intelligent dans cette période où le besoin de concrétisation est grandissant. 

Ce qui nous intéresse dans Innopolis et de manière plus large, c’est donner de la visibilité à notre rôle de « Trait d’union » de l’idée vers le concret. 

QUELLE SERA LA NATURE DE VOTRE PARTICIPATION À INNOPOLIS EXPO ? 

Nous sponsorisons le Village des Territoires Connectés et nous avons la chance de pouvoir faire intervenir M. Larghero, vice-président du comité stratégique des élus numérique pour GPSO, et également maire de Meudon. Il témoignera sur la façon dont le territoire intelligent a été mis en œuvre sur le territoire et les enjeux associés. 

CETTE TABLE-RONDE VOUS PERMETTRA DONC D’ÊTRE DANS LE CONCRET SUR LES ACTIONS MENÉES AVEC GPSO… 

Oui, beaucoup disent que le territoire intelligent n’existe pas à l’exception de Dijon et Angers. Nous souhaitons montrer que cela fait deux ans que nous travaillons dessus. Si, il existe, et plutôt que d’en parler, nous avons fait et concrétiser sur ses premières briques. Dorénavant nous allons en parler. C’est notre philosophie, et je préfère communiquer sur des choses terminées que sur des choses commencées. Nous souhaitons nous développer sur cet élément différenciant de tiers indépendant. 


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